Dans une chambre, une femme et un homme sont sur un lit. C’est la nuit. Leur première nuit. Il fait chaud. Une légère brise pénètre par les fenêtres grandes ouvertes, elle est chargée d’un parfum un peu trop entêtant de jasmin. Elle, Shahrâzâd, prend la parole. Lui, Shâhriyâr écoute. Jusqu’au lever du jour elle raconte. Lorsque l’aube nait, elle se tait. Parler n’est plus permis. Son conte reste en suspens. Cet interdit sera son chemin de liberté. Celui qui soumettra le Roi au désir du dévoilement de la suite.
Mais qui est Shahrâzâd, cette femme si séduisante et intelligente ? Peut-être bien une aventurière, pragmatique, impuissante, forte, soumise, dominatrice, féministe. Dans les manuscrits arabes, elle est à peine décrite. Ainsi le veut le conte. Ainsi notre imaginaire peut se déployer dans des projections les plus diverses, du harem à l’amazone.
Shâhriyâr, Roi parmi les plus grands, est aussi ambivalent que sa partenaire, puissant, fragile, autoritaire, à l’écoute, sensible et cruel. Le voilà pendu aux lèvres de Shahrâzâd. Impuissant face à la force des contes, il laisse la gardienne de la parole libre, dérouler le fil, de nuit en nuit, mille et une, l’éternité.
Conte
Adultes et adolescents
1h 15